Itinéraire d'un PIRATE directement mis en cause par HADOPI: voici le rapport que mon avocat ferait au juge si jamais, dans une dimension parallèle, HADOPI arrivait à être voté puis à
fonctionner puis à me choper (peu de probabilités...).
Le temps innocent des achats d'albums neufs à prix exorbitant
Je ne sais pas comment vous faites, vous, jeunes pauvres, pour vous procurer des albums entiers. En vrai, je sais. Mais c'est une formule de début d'article pour t'attirer, oh oui, toi, petit
lecteur qui te cache parce que tu télécharges et c'est pas bien, foi d'Hadopi.
Ignorant le what the fuck du téléchargement, que je considérais comme quelque chose de bassement underground, un peu comme la drogue et les putes, au début des années 2000 je me suis fait offrir
par mon père le best of des Beatles (sa came à lui quand il était plus jeune) et ma première guitare en 1996. Admirez avec quel ridicule John tenait sa guitare. Ok, c'est du playback, j'veux bien,
mais il a quand même l'air d'un con.
Egalement héritage parental, souvent Daniel Balavoine résonnait chez moi. Ce que j'avance n'engage que moi, mais il me semble que jamais on a eu et jamais on aura un tel mec d'un tel niveau. Texte,
voix (il te faisait un DO 5 les doigts dans l'nez quasi), mélodies, arrangements. C'était hyper hyper costaud.
Quelques années plus tard, il me payait tous les albums de Radiohead, en neuf s'il-vous-plaît. Et pour illustrer ça, une jolie vidéo d'un vieux live de 1993 avec un Thom Yorke parfait ambassadeur
du mauvais goût (sur TOUS les points) et un Jonny Greenwood qui avait une guitare toute moisie, presque autant que la mienne, carrément.
Mon père (j'étais vraiment déjà sans ressource à l'époque) m'a également acheté les deux albums d'Unbelievable Truth. A l'époque je traînais beaucoup sur le tchat de Yahoo (complètement
décédé aujourd'hui, aaaaaaah nostalgie), et y'avait une fille qui m'avait dit que c'était le groupe du frère à Thom Yorke. Bah, j'avais pas cru au début. Et, sans écouter auparavant, j'ai voulu les
avoir directement. Si ça c'est pas un coup de bluff... Mais ces deux albums sont monumentaux, donc bluff payant.
J'ai fait aussi une seule fois ce qu'un peu tout le monde fait/faisait: j'avais entendu la chanson In My Place de Coldplay à la radio (sur France Inter), et j'adorais, et donc j'ai naïvement acheté
l'album "A Rush of Blood to the Head". Par chance, cet album m'a semblé et me semble encore plutôt très bon. C'était hélas le dernier grand album de Coldplay (les suivants sont jolis, mais moins
grands).
Toujours un peu au pif aussi, j'avais acheté "Unknown Pleasure", le premier album de Joy Division, souvent cité en influences de Moby et Radiohead (hahahahahaha leur unique point commun...). Un peu
surprenant, mais ça m'a vraiment marqué puisque je l'ai acheté en septembre 2002, pendant la fin de ma première histoire d'amour. Se bouffer dans la gueule sa première rupture amoureuse avec du Joy
Division en fond musical, on comprend tout de suite pourquoi je suis un peu taré.
Sinon, dans ma discothèque de cd gravés par des copains, j'avais The Verve bien sûr, qui avait quand même fait un sacré tapage avec son "Bittersweet Symphony". Petite note en passant: le retour de
The Verve, c'est un peu comme la petite amie morte déterrée du cimetière 10 ans après son décès: ça pue et c'est tout pourri. Richard Ashcroft a tout simplement déjà complètement perdu toute SA
voix, comme s'il avait fumé assez de clopes pour entrer dans le livre des records du plus gros autosaboteur de voix mignonne. Je ne vous recommande pas d'y jeter une oreille. C'est glauque. Un peu
comme si le Porcinet de votre enfance arrivait aujourd'hui et vous mettait la main au panier direct quoi.
Enfin, au lycée, j'ai aussi bien sûr beaucoup accroché au superbe premier album de Muse, "Showbiz", gravé, une fois encore, par un pote.
Par contre je n'ai pas trouvé de vidéo qui ne m'agace pas. Donc voilà hein! Ca fera plaisir à
Loïc que je n'encombre pas cet
article d'une vidéo de son groupe fétiche!
Zima, le Messie porteur de la Bonne Nouvelle du téléchargement illimité
Et puis à la fac de Lorient, j'ai à nouveau trouvé sur mon chemin
Zima, camarade de lycée. Je savais qu'au lycée on avait des goûts
musicaux en commun, notamment Manu Chao et Moby (ergl...)...
"Clandestino", le premier album que j'ai eu en ma possession (gravé par un copain en seconde, héhé, déjà du piratage!) était objectivement un très très bon album, quand même. Il a marqué à fond mon
année de seconde. Le traitement des guitares, l'ajout d'effets sonores divers, les ambiances, la cohérence de l'album, sa singularité... A l'époque j'étais assez inculte musicalement, mais
aujourd'hui que je suis moins inculte, je peux apprécier avec plus de pertinence cet album.
Quant à Moby, eh baaaaah... c'est vraiment bon pour les pas musiciens en fait. Sa musique ne laisse place à aucun imaginaire, elle donne toutes les clés. Ah oui: ne rêvez pas, jamais je ne mettrai
du Moby sur ce blog. Au lycée je rêvais de faire du Moby. Sur mon clavier (un piano numérique, pas un vulgaire synthé) je m'amusais à faire du 2 ou, les jours de folie, du 3 pistes avec un lecteur
cassette tout pourri. Faudra que je retrouve ça d'ailleurs... c'était en quelques sortes mes premiers mixages. Mais si la première piste était nickel, il fallait que je joue la deuxième piste
par-dessus la première, en réenregistrant du coup la première piste avec la nouvelle piste ajoutée. Je me souviens de trucs archipompeux (voire carrément vulgaires, avec violons, trompettes,
orgues) archivés sur des cassettes audio que j'écoutais encore avec une relative fierté en 2004. Mais je m'égare.
Zima m'a donc fait découvrir les joies du téléchargement (pas si illégal à l'époque, because vide juridique) et me remplissait un cd rewritable qui n'a cessé de faire la navette entre son disque
dur et le mien.
Libéré de toute contrainte financière, j'ai alors entrepris une démarche de g(r)avage de musique.
Se construire une culture musicale illimitée
Etourdi par tant de liberté, à la fois dans le choix et le nombre d'albums à ma disposition, j'ai assuré le coup en regardant les influences, les goûts musicaux personnels de chaque membre de
Radiohead. Alors bah forcément les premiers noms des listes, ce sont devenus mes groupes préférés. Avec Zima, on allait voir vite fait sur des sites quels étaient les meilleurs albums pour chaque
groupe inconnu, et il les téléchargeait. Et on les écoutait en boucle parce que c'était quand même vachement bien: Talking Heads ("Stop Making Sense"), the Smiths ("The Queen is Dead"), Joy
Division ("Closer")...
Une fois qu'on a fait le tour (superficiel) des groupes antérieurs à Radiohead, on a été voir l'autre génération de leur famille musicale: les enfants. Les groupes qui se disent apparentés à
Radiohead ou qui sont décrits comme "cousins". Dans le tas on est tombé sur quelques perles. J'avais un peu entendu "Last Broadcast" (2ème album des Doves), acheté par un pote. Je me souviens avoir
bien aimé. Zima nous l'a téléchargé, et c'est devenu un album référence. Par contre les albums suivants... erf.
Le premier album de Starsailor, "Love is Here", était prometteur aussi. Promesses hélas jamais tenues par le groupe depuis. Et avec du recul, "prometteur", ça veut dire en vrai "pas top mais c'est
des mecs sympas".
Dans le même type de voix, y'a aussi Tom Mc Rae, comparé même par quelques uns à Jeff Buckley. Laissez-moi rire. Tous les chanteurs du monde ont l'air d'avoir un balai dans l'cul à côté de Jeff.
'scusez. Et puis le Tom, ok il a une voix sympa, mais ses mélodies sont quand même ARCHI entendues. M'enfin, pendant un temps j'ai bien aimé quand même.
Et puis il y a eu Archive et son magnifique "You All Look the Same to Me", avec, au chant, le fantasque Craig Walker, qui aujourd'hui a été remplacé par un mec sympa mais qui n'a quand même pas son
aisance et son charisme vocal... Tant pis, il reste le cd hein.
Enfin, le dernier gros choc musical pour moi a été Jeff Buckley. Son album "Grace" était couvert de louanges. J'avais lu des comparaisons entre le nerveux Matthew Bellamy de Muse et le grand
Jeff. Je voulais un mec comme Matthew, à l'époque (ouais, à l'époque, avant "Absolution" Matthew il avait une voix écoutable encore, spontanée, sincère). J'ai trouvé le plus grand d'entre tous, et
pourtant les premières semaines, je ne supportais pas sa voix!..
En 2004 j'ai donc fini de trouver ce qui allait devenir ma base culturelle. Aujourd'hui, tout ce que je suis amené à écouter, à chercher, ce sont des membres de la famille musicale de ces grands
noms cités plus hauts.
Les nouveaux points de départ
En 2006, je suis allé à Rock en Seine pour voir principalement Radiohead. Mais en y allant les deux jours, j'ai découvert plein d'autres choses. Pour moi, de ce festival (au son vraiment
dégueulasse, faudra leur dire hein), je n'ai retenu que Beck, Radiohead, et le grand TV on the Radio.
Dans le but de progresser vocalement, je me suis intéressé de près à Matthew Bellamy, qui me semblait être un meilleur chanteur (au sens technique du terme) que Thom Yorke. Et j'étais arrivé
à Jeff Buckley. Mais Jeff Buckley avait un atout: son père.
Tim avait une voix d'à peu près le même registre (on verra plus tard pour les différences, vu que ce blog est parti pour être quelque chose d'hyper analytique). M'intéresser à Tim Buckley m'a
ouvert vers la folk, vers Dylan, et, vers un peu le blues (mais je suis un méganovice pour l'instant). Je me suis également penché sur ses influences: Nina Simone, et là je commence Led
Zeppelin.
Oui, j'ai été très très fermé jusqu'à ce jour, je suis resté totalement imperméable à ce groupe. Je devais finir de digérer Radiohead, Joy Div', Smiths & Co avant de passer à la suite. Au cours
de mes recherches, j'ai pu voir des comparaisons entre Jeff et Devendra Banhart. C'est vrai qu'il y a des gros points communs, mais de grosses différences également... Haha! Ce que je raconte est
intéressant! Mais je ne vais pas entrer dans les détails dans cet article. Et même si leurs voix sont proches, leur univers est radicalement différent.
Le p'tit gars Rufus Wainwright, il avait tenté une reprise au piano de la chanson "Hallelujah". Une vraie catastrophe, instrumentale, vocale... un attentat musical. Mais ce type, il a putain de
progressé vocalement, et son album "Release the Stars" est l'un des meilleurs albums, au point de vue prod, que j'ai entendu. Quelle baffe! Et en live c'est d'une fluidité, d'une légèreté.
J'oserais presque utiliser le terme "grâce", s'il n'était pas réservé à Jeff.
J'ai vu des comparaisons entre Pavarotti et Jeff. Mais... comment ça? Pavarotti ne semblait jamais aller très très haut pourtant, alors qu'en fait c'est juste qu'il se baladait (paix à son âme)
tellement qu'il pouvait prendre chaque note "par le dessus", il n'avait pas besoin de se mettre en danger pour atteindre des notes absolument vertigineuses. Et bah ouais, quand on se penche sur des
trucs a priori chiants, bah en fait on tombe à la renverse.
Et je me suis mis à chercher quel était le meilleur ténor de tous les temps, et je suis tombé sur un mec qui semble faire l'unanimité: Mario Lanza, et ses puissants aigus chaleureux. Admirez son
remarquable Si 4 (à 4'06):
Quant au record-man de tessiture, c'est Nicola Sedda qui semble être le grand vainqueur, avec ses 8 octaves. Dommage que musicalement, ça soit aussi faible... Je vous encourage néanmoins à aller
sur son myspace, pour vraiment vous faire une idée. Sinon, le mec il fait des ultrasons avec sa voix. Dingue. Jugez par vous-même quel genre de voix élastique il possède. Parfois il en fait des
tonnes (son côté Matthew Bellamyesque) et ça en devient ridiculissime, surtout ses notes sifflées à l'extrême...
Tout gratuit sans télécharger, tout gratuit pour toujours
J'utilise le trou analogique. Non ça n'a rien de vulgaire. Par contre, avec ce vide juridique (faut pas être phobique des trous/vides dans cette affaire), puisque les gens qui décident des
lois n'y connaissent rien au sujet, je peux avoir tout ce que je veux comme musique, sans télécharger mais sans payer.
De quoi ça s'agit?
http://fr.wikipedia.org/wiki/Passoire_analogique
Dans les années 90, on mettait un microphone devant une radio, et on faisait des copies privées.
Aujourd'hui, la radio est dans l'ordi, le microphone aussi. Avec un logiciel d'enregistrement basique, on capture le son qui passe, à partir de sites de streaming genre
www.musicme.com.
Et jamais on peut me reprocher d'avoir volé ou téléchargé quoi que ce soit. S'il faut aller sur une radio britannique pour ensuite mettre en marche mon micro quand ils passent les Doves, ok... mais
pour le principe, c'est pareil quoi. Rien n'est plus moral, c'est juste la même chose. Tant qu'il y a du streamload, y'aura du piratageounet (= du non-achat).
La liberté de la culture musicale a encore de beaux jours devant elle! Youpi-yeah!
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